2 L’ARCHITECTE
1 - Etre une main au service du client

Un architecte va composer un projet en fonction de la structure et de la technique des matériaux dansl'objectifd'obtenir un bâtiment le plus fonctionnel possible. Il peutaussiconseiller pour résoudre quelques demandes techniques particulières, insonorisation, isolation thermique, inertie, consommation d'énergie minimalisée, rafraichissement... Il répondra à la demande la plus conciliante entre le client et la réalité de la construction.

2 - Etre un œil et une main au service du client

Dans quelques cas, l'architecte peut chercher les différents atouts et inconvénients existants sur un site ou dans une construction pour composer la demande de l'utilisateur et mener le projet à se tourner vers les parties les plus agréables. Le tout étant toujours une série de compromis. Le projet se base sur l'appréciation d'un état des lieux et la sensibilité de l'architecte sur chaque point. Il en résulte d'un projet bien adapté au client et à l'environnement, mais qui sort de l'ordinaire par la méthode d'approche du projet qui reste celle d'un architecte. Il pourra également incorporer à l'ensemble une touche de modernité, souvent retranscrite par des signes superficiels dépourvus de sens.
 

3 - Etre un cerveau au service du client, garder son œil et sa main

Dans le cas le plus rare et le plus difficile, un architecte se positionne pour composer le projet en réponse aux contraintes et intentions du client, de l'état du site, de l'environnement architectural et physique, mais également de la politique de vie (société, écologie, questions urbaines, économie, positionnement de la pensée (arts) dans la société... ), de l'avenir et de sa sensibilité, (la partie technique et fonctionnelle étant inévitable) le tout en se questionnant sur la majeur partie des éléments mis en place pour les transformer et faire exprimer le potentiel disponible à chaque projet. Le projet prend une

personnalité forte qui lui permet d'avoir une réelle unité del'ensemble et de prendre part  au mouvement architectural de tête. De même que dans l'attitude précédente, il en résultera un projet très personnalisé qui va apporter à l'utilisateur des plaisirs qu'il a peut être rarement découvert.
Cependant, la différence principale réside dans le positionnement entre l'image de l'objet et sa réalité. C'est un intérêt philosophique, ou chaque point porte autant d'importance à ce qu'il EST qu'à ce qu'il SIGNIFIE. Par exemple une tirelire en plastique qui semble être une tirelire en métal n’est pas ce qu’elle dit être. Ce positionnement face à la réalité est également un rejet de tout ce ‘semblant’ que l’on subi avec cette société qui montre une image toujours faussée. Un politique qui dit Oui signifie Peut être, le Peut être signifie Non, et s'il dit Non, il se fait virer. Les publicités qui annoncent le meilleur produit, le plus beau, le moins cher, ou les média qui transforment la vérité dans l'objectif de vendre mieux leur audimat, dans l'objectif de donner ce que les téléspectateurs ont envie de voir sans nécessairement que ce soit la vérité...
Toutes ces images cachant une autre réalité me dérangent. J'aime retrouver un peu de stabilité au moins dans ce que je conçois. Si j'utilise un matériau, je ne le cache pas par un autre, si j'ai le choix entre deux matériaux, un local et un d'ailleurs, je préfère privilégier la réalité de l'identité du lieu et choisir le local, même s'il semble moins beau, il est beaucoup plus noble parce qu'il est choisi pour son sens et non pour son image. L'application à la perfection d’un parti architectural va également dans cette continuité, ou chaque élément, chaque trait, chaque espace, vide, direction du regard, matériaux mènent ensemble à une idée commune. La respecter revient à être vrai jusqu’au plus profond de soi même, autant pour l’architecte que pour le maître d’ouvrage qui bénéficie de cette conviction de perfection.
 

Inaki NOBLIA mars 2009


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